Le S.I.A.E.V
Le Syndicat Intercommunal d'Aménagement des Espaces Verts

 

HISTORIQUE

             En 1971, le préfet de région, Monsieur DUMONT lance l’idée du Parc de la Deûle, intégrant pour le Pas de calais les communes de WINGLES, MEURCHIN, DOUVRIN et BILLY-BERCLAU.
Ce projet concernait 2500 Ha, 17 communes du Bassin Minier à la métropole NORD, de WINGLES à HAUBOURDIN. Il avait pour finalités de satisfaire les besoins des habitants en espaces de loisirs et d’améliorer les ressources en eau par injection d’eau épurée dans la nappe souterraine.
L’importance de ce projet le rendant peu viable, les communes de WINGLES et BILLY-BERCLAU décident le 20 juin 1973 de créer un Syndicat d’aménagement des terrils et marais se situant à la limite des deux Communes.

     Le 8 Août 1973, l’acquisition aux Houillères de 66 Ha de terrils et marais est engagée.

     Le 4 Septembre 1975, la Commune de DOUVRIN adhère au Syndicat d’aménagement à proportion des populations des communes, soit :

               - WINGLES : 51%
               - BILLY-BERCLAU : 20%
               - DOUVRIN : 29%

 SITUATION ET CONTEXTE DE L’OPERATION

Le pole de WINGLES a une position importante dans le Bassin Minier. Les terrains concernés s’étendent du canal de la Deûle à l’Est, à la Route Nationale 47 à l’Ouest, et sont limités au Nord et au Sud par le tissu urbain des trois communes intéressées, la surface approximative de la zone étant de 150 Ha, 200 Ha, si l’on inclus les zones boisées naturelles des communes de HULLUCH et BENIFONTAINE.
Dans la politique de reconquête des sites dégradés par l’exploitation charbonnière, le GIRZOM finance à 75% un certain nombre d’opérations. La zone de WINGLES qui comporte une succession de terrils plats et boisés, séparés par des zones agricoles, des secteurs marécageux et des étangs d’affaissement minier, a paru suffisamment riche de potentialité paysagère et de loisirs pour entrer dans ce cadre.
Le Syndicat des Espaces Verts de WINGLES-DOUVRIN-BILLY-BERCLAU, ayant la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre fut confiée à la cellule paysage de la Direction Départementale de l’Equipement du Pas-de-Calais.

 NATURE DES OPERATIONS

               ° Structure Foncière

Le potentiel HBNPC a été un élément déterminant. Ce potentiel représentant 120 Ha de friches industrielles /terrils (ancien carreau de fosse 3/4), il faut noter, également, l’apport des collectivités locales et plus particulièrement des étangs du marais des Iles (11 Ha) et du marais à tanches (6 Ha).

                ° Stratégie

Il a fallu confronter deux aspects pour définir la méthodologie d’intervention :

 Premier aspect :

             ° L’accessibilité du site au public :
                   - Usage actuel du site (promenade et pêche)
                   - Vocation potentielle des espaces suivant leur nature

 En effet, la concentration urbaine est importante, près de 400 000 personnes habitant à proximité immédiate ; elle est également très jeune (41% de la population totale).

 Deux types d’activités sont liés dans ce projet d’aménagement :
                    - Les activités de détente, de repos et de calme nécessitant de grandes étendues d’eau, de prairies et de forêts.
                    - Les activités récréatives et d’animation (plaine de jeux, Terrains de sports, Minigolf, Halfcourts, école de voile…)

 La présence de l’eau et son attractivité sur le public fait de cet espace naturel un support actif qu’il est nécessaire de développer. Une grande partie a été réservée à la pêche (12Ha) et seul le lac de (15Ha) aura une vocation sportive et de détente.

 

Deuxième aspect : Mise en place des conditions susceptibles d’offrir un milieu naturel à part entière :

                     - En préservant les milieux équilibrés
                     - En régénérant les zones naturelles potentielles
                     - En créant un dynamisme végétal sur les zones stériles

Le dernier point étant le plus délicat : en effet, il faut environ un siècle pour qu’un terril se colonise correctement, l’objectif étant d’aboutir le plus rapidement possible à l’équilibre du milieu en intervenant dans le dynamisme végétal. La définition des objectifs et la mise en place des techniques furent définies avec l’ingénieur Horticole Monsieur HARDY, chargé de l’analyse phytosociologique  et des interprétations découlant des observations  ainsi qu’un pédologue (personne spécialisée dans l’étude des sols) es sciences Monsieur DUVAL, chargé des problèmes de sols.

 Cette étude montre principalement une constitution pédologique de schistes houillers fins, très filtrants, pauvres en matières nutritives et très carencés en matières organiques.

Même dans le secteur où une végétation arborée s’est développée, on remarque l’absence de couche de matière organique en surface, d’où la nécessité de planter des espèces peu exigeantes sous la forme de jeunes plants. La végétation arbustive et arborescente a été maintenue. Par endroits un éclaircissage des fourrés a permis la plantation d’espèces plus nobles.

 D’une façon générale, les plantations vont dans le sens :
                      - D’un renforcement végétal en lisière soigné,
                      - D’une création d’un stade pré forestier sur la partie au stade de pelouse,
                      - D’un renforcement de la structure forestière existante.

°Objectifs :

La stratégie qui en découle comporte quatre points :
                      - Reconquérir rapidement le plus d’espaces possibles en constituant des secteurs homogènes,
                      - Observer les pratiques et les usages (stationnement, pique-nique, aires de jeux),
                      - Mettre en place progressivement les équipements lourds (structures d’Accueil),
                      - Appréhender progressivement l’adéquation aménagement/gestion.

Cette stratégie n’a pu trouver sa réalisation que grâce à la volonté des élus et à leur collaboration étroite et efficace avec les techniciens.

 
   
REALISATION  

 En 1979, une première tranche de travaux (marais à tanches) est programmée 1.7 million de francs subventionnée par le GIRZOM pour 750 000 francs et par la Jeunesse et les sports pour 0,35 MF au titre des bases de loisirs. Cette première tranche couvrait 12,6 Ha dont une colonisation ponctuelle de hautes tiges (bouleaux et faux acacias).Elle résumait la plupart des difficultés ultérieures que peuvent poser la transformation de telles friches industrielles en espaces de nature :
                     - Réhabilitation par nettoyage et défrichage du milieu naturel,
                     - Terrassement d’intégration du terril (plate forme pour aire de jeux, plaines de sports….),
                     - Engazonnement, plantations avec la nécessité d’études de site compte tenu du manque d’expérience    
                       pour ce type d’aménagement. Par ailleurs, la taille et le caractère de l’opération ne permettait pas de
                       solution classique du type en ce qui concerne l’apport de terre végétale.
                     - Choix d’un mobilier et de jeux s’intégrant au site.

 Une zone a fait l’objet d’expérimentation d’amendement de sol par apport de boues d’épuration dosé de 50 à 300T/Ha avec implantation de végétaux d’espèces et de forces différentes (Aulnes, Erables sycomores, Saules marsault, etc.… en taillis mais aussi, bouleaux verruqueux, Aubépines, Robiniers Faux Acacias en tiges et des conifères tel que les Pins d’Autriche, etc…).

 Cette expérimentation comme l’évolution générale des plantations permettra d’orienter les plantations des tranches ultérieures, en choisissant des plantes jeunes et rustiques, car les tiges et conifères donnaient peu de résultats et s’intégrant mal aux objectifs d’aménagement.

L’incorporation de boues d’épuration fût, par la suite abandonnée. Elle devait permettre d’améliorer, notamment la rétention en eau des schistes, l’expérience montrant que la plantation de végétaux sélectionnés ne la rendait pas nécessaire et engendrait donc un surcroît de travail. Par ailleurs, l’incorporation posait problème dès que la granulométrie des schistes augmentait.

En 1980, une deuxième tranche (carreau de la fosse 3/4) de 1 MF est lancée. Cette zone différente de la première nécessite la disparition de l’ancienne fosse et de son mur d’enceinte. Elle  comporte :
                  - La création d’aires de sports (tennis, volley, boules),
                  - L’aménagement d’une plaine de 5000 M2 sur l’ancien carreau et nécessitant plus de 26 000 M3 de remblais,
                  - Une régénération forestière.

 A la même époque est engagé le boisement de 8 Ha au terril des Acacias dévasté par les houillères lors de sa ré exploitation dans le cadre des économies d’énergie, le schiste contenant encore 30% de houille. Une convention signée, entre le Syndicat et les Houillères, prévoyait un reboisement équivalent à 3 fois la surface exploitée, soit 24 Ha réalisés à ce jour.

 En 1981, une troisième tranche (1,8MF) plus importante que les précédentes (14,6Ha) est lancée, bénéficiant du même type de subventions. Elle est techniquement très différente, constituée essentiellement d’un ancien terril de schistes noirs à la granulométrie très hétérogène.

 En 1982, une quatrième tranche est réalisée, 3,35MF avec la construction d’une structure d’Accueil (salle de réunion, vestiaires, douches, sanitaires, logement de fonction) grâce à la subvention Etat-Région 1,275 MF.

 En 1983, une cinquième tranche d’aménagement pour 1,33 million de francs porte sur des traitements paysagers et des équipements sportifs avec 1 million de francs de subvention provenant du GIRZOM.

De 1984 à 1986, création d’un plan d’eau de 15 Ha avec aménagements paysagers (coût 7 MF, subventionnés pour 5 MF par le GIRZOM).

 En 1986, en complément de la troisième tranche, une Base de loisirs intègre une plaine de jeux, des terrains de football, de tennis, minigolf, tir à l’arc, jeux pour enfants et parcours sportifs. Coût 2,11 MF (subvention Etat-Région 0,89 MF).

 En 1987 verra le traitement paysager avec équipements divers du terril de la Gare d’Eau, zone verte  qui créera une liaison entre le canal, la 3 ème tranche de la plaine de jeux.( Coût 2,4 MF subvention GIRZOM 1,8 MF).

 De 1986 à 1987, eut lieu la construction du Centre Nautique ici le coût  est de 3,82 millions de francs subventionné par le plan Etat-Région à hauteur de 1,27 million de francs. Cette structure composée d’un bâtiment central sur 2 niveaux comprend des équipements sanitaires, bureaux et salle de réunion, ainsi que deux hangars à bateaux et un atelier de construction.

Le 28 février 1997, le Département du Pas-de-Calais confie au SIAEV, par convention, la gestion d’environ 33 hectares de terrains concernant des Espaces Naturels Sensibles du Val du Flot. Ce sont des zones humides non négligeable dans une région ou celles-ci se raréfient. Cela leur confère un intérêt floristique et faunistique d’une grande importance. C’est grâce à une co-gestion avec le Syndicat Mixte D’EDEN 62 qu’il est possible de mettre en place des mesures de gestion afin de protéger et de valoriser ce milieu Naturel tout en limitant l’impact du public.

 A ce stade de la réalisation, les problèmes techniques sont résolus. Des essences introduites en première tranche ont été confirmées dans les suivantes :
                            - Chênes : 10% des plantations
                            - Erables : 17% des plantations
                            - Frênes : 11% des plantations
                            - Aulnes : 16% des plantations
                            - Cornouiller : 8% des plantations
                            - Saules : 9% des plantations

Certaines plantations de la première tranche ont été abandonnées ensuite, comme les plantes tapissantes ( Millepertuis), ou encore les noisetiers, les cytises, compte tenu de leur faible reprise ou bien encore comme les aubépines et cela à cause du feu bactérien. Par ailleurs, il faut remarquer le taux de reprise globalement bon de 90% compte tenu des conditions et le très bon comportement des Aulnes, favorisés probablement par leurs nodosités racinaires. La plupart des massifs au bout de deux ans étaient bien fournis, certains nécessitant maintenant un éclaircissage. Les techniques de plantations, notamment la nécessité des pralinages et l’utilisation d’antitranspirant sont maintenant reconnues.

L’entreprise qui a exécuté les différentes tranches maîtrise très bien la nécessité d’une bonne décomposition du chantier :
             - Le terrassement de 500 000 M3 ont été réalisé comprenant le creusement du plan d’eau.
             -
Le modelage paysager
             -
La circulation et l’accès donnant plus de 35 000 M² ont été traités en bicouches émulsion et gravillons gaurain,
             -
L’engazonnement (120000 M²) hydraulique avec apport de fixateur sur les talus à raison de 250 Kg/Ha.
             - L’aspect général très correct au bout de deux ans voit la présence de mousses augmenter au bout de quatre
                 ans.

Ce sont d’ailleurs les seules zones qui ont fait l’objet d’apport de terre végétale sur schistes et ce sur les surplombs du plan d’eau créé. L’étude des coûts d’aménagement des trois premières tranches fait la preuve qu’un site de ce type peut être reconquis à un prix raisonnable :
             -
 En 1979 :1ère tranche :
12,6 Ha à raison de 12,50 F/M² (8 F /M² hors terrassement)
             -
 En 1980 :2ème tranche :
6,6 Ha à raison de 15,00 F/M² (7 F/M² hors terrassement)  
             - En 1981 : 3ème tranche : 14,6 Ha à raison de 9,00 F/M² (5 F/M² hors terrassement)

 La diminution des coûts démontre la maîtrise de la technique d’aménagement, la part des travaux de végétalisation dans chaque tranche se situant aux environs  de 30 %.

 CONCLUSION

 Les points d’attention concernent le fonctionnement à l’exception de l’entretien et de la maintenance minimum, il prend en compte l’Animation nécessaire pour garder cet espace aménagé ouvert à un large public pour qu’il reste également un outil d’initiation sportive et de loisirs ouvert à tous.

 Enfin, un dernier point commence à mériter l’attention, celui de l’évolution du boisement et de sa gestion.

 

Retour accueil